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Nous avons 7 invités en ligne| L'affaire des fées de Cottingley |
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| Controverses | |||||||||||||||
| Écrit par Tsaag Valren | |||||||||||||||
| Jeudi, 07 Octobre 2010 19:43 | |||||||||||||||
Page 1 de 4 ![]() L'affaire des fées de Cottingley a enthousiasmé les spiritualistes, déchaîné les zététiciens, fasciné les journalistes plus de 70 ans durant, et inspiré à Brian Froud quelques-unes de ses (très bonnes) parodies. Près d'un siècle après les fées, combien de secrets se sont envolé, dispersés aux quatre vents par le battement d'ailes d'un pillywiggin ? C'est pour trouver un semblant de piste que l'équipe du Fabyrinthe a enquêté sans relâche. Voici, dans un très long article à suivre, tout ce que l'on sait des fées de Cottingley en octobre 2010. Ce que l'on ne sait pas, ma foi, se trouvera peut-être quelque part entre les lignes, ou dans un petit village près de Bradford. Il est possible que vous connaissiez déjà le dénouement de l'histoire, mais... Avant-propos : cette enquête est réalisée dans le cadre du Wikiconcours, qu'on ne s'étonne guère de trouver un article très proche sur Wikipédia. C'est moi qui l'ait rédigé en plus grande partie, vous pouvez à ce sujet en consulter l'historique. 1e partie : des expéditions forestières au Mortimer Hall de Londres N Cottingley évoque pour beaucoup l'un de ces petits villages bucoliques que traversent une rivière bordée de chênes et d'aubépines. C'est vrai pour la rivière, c'est vrai pour les chênes... et les frênes aussi, mais Cottingley, c'est quand même à quelques miles d'une très grande ville, d'aucuns diront même en banlieue de Bradford. Cela ne dérange pas Elsie, 16 ans, la cousine de Frances. Les deux jeunes filles partagent la même grande chambre mansardée, une forte complicité et, bien sûr, le goût des escapades forestières et de l'école buissonnière : elles s'en vont jouer des heures durant près de la rivière Beck qui coule au fond de leur jardin, loin de la vue de tous, et au grand dam de leurs mères ! Il faut dire que ce jour où elle revinrent pieds mouillés et vêtements dégoulinants a manqué faire déborder le vase. Frances et Elsie se font vertement tancer et répondent qu'elles se rendent près de la rivière Beck pour voir des fées. D'ailleurs, le petit peuple (fées, gnomes et lutins, et non pas que des fées comme on pourrait le croire au nom de l'affaire...) se rencontre bien souvent dans la vallée qui entoure le village : les deux filles l'ont toujours affirmé, même grand-mères devenues... elles n'ont d'ailleurs jamais trouvé surprenant de voir des fées. Forcément, on leur demande de le prouver... (à gauche : Photographie de Frances Griffiths et Elsie Wright prise par Arthur Wright en juin 1917, avec l'appareil photo qu'il venait juste d'acquérir. Publiée dans The Coming of the fairies de Sir Arthur Conan Doyle, en 1922).
Comment vinrent ces deux photos qui depuis ont fait le tour du mondeL'histoire qui vient est racontée par Conan Doyle et Edward L. Gardner, qui y ont joué un très grand rôle comme nous le verrons plus tard. La mère d'Elsie, Polly, convainc son mari Arthur de prêter son appareil photo tout neuf, un Midg quarter-plate, à Frances et Elsie. Et ce, afin qu'elles puissent prouver qu'elles voient régulièrement le petit peuple dans la forêt. Précisons que Polly croit elle-même aux fées et aux dires des enfants. C'est ainsi qu'un beau samedi de juillet 1917, après le déjeuner, le père d'Elsie charge l'appareil d'une unique plaque photographique et le donne aux deux filles. Elles reviennent de leur expédition moins d'une heure plus tard (trente minutes selon Magnús Magnússon), « triomphantes ». Arthur Wright est un photographe amateur qui a créé sa propre chambre noire, il procède au développement de la plaque photographique lui-même durant l'après-midi. Surprise ! La photographie montre clairement Frances derrière un buisson, et au premier plan quatre fées : trois d'entre elles sont ailées et dansent, la quatrième joue de la flûte.
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Une précision d'importance : les fées britanniques ne sont que peu comparables à Morgane, Viviane et Mélusine puisqu'elles paraissent très petites, et arborent le plus souvent des ailes de papillon ou de libellule. Bien loin de s'émouvoir devant ce qu'il voit, Arthur Wright déclare que les fées ne sont que des découpages de carton. Après tout, Elsie travaillé quelque temps dans un studio de photographe, dessine, est imaginative, et il connaît fort bien la capacité artistique de sa fille. Deux mois plus tard (soit en septembre 1917), Frances et Elsie empruntent à nouveau l'appareil, et reviennent de leur expédition forestière avec une photo d'Elsie assise sur la pelouse, qui touche des doigts un gnome ailé haut de trente centimètres. Arthur ne s'en émeut guère plus, exaspéré par ce qu'il ne croit être « rien d'autre qu'une farce », et convaincu que les filles doivent avoir trafiqué son appareil photographique d'une certaine manière, ilt refuse de le prêter à nouveau jusqu'à ce qu'elles lui avouent la vérité. Polly, son épouse, estime cependant que les photographies sont authentiques. Quand aux deux filles, elles semblent considérer cet exploit comme un fait des plus ordinaires, des plus normaux. Le 9 novembre 1918, Frances envoie une lettre à Johanna Parvin, l'une de ses amies résidant à Cape Town, en Afrique du Sud, où elle a vécu la majeure partie de son enfance. Dans cette lettre (reproduite juste ci-dessus), l'écolière de dix ans joint un imprimé de la fameuse photo d'elle en compagnie des fées. Au dos, elle écrit « C'est drôle, je n'en avais jamais utilisé [d'appareil photographique] pour les voir en Afrique. Il fait trop chaud pour elles là-bas ». Les photographies restent d'abord dans le cercle familial, peu à peu, les imprimés sont distribués aux amis et aux voisins de la famille Wright, et à ceux des deux filles vers l'automne 1918. Comment la société théosophique s'en est mêléPolly Wright, la mère d'Elsie, s'intéresse à l'occultisme et cherche les réponses à ses questionnements sur les vies antérieures et les phénomènes paranormaux en assistant aux réunions de la société théosophique. Celle qui se déroule à Bradford durant l'été 1919 porte sur... le petit peuple. Comme de bien entendu, Polly ne peut s'empêcher de parler de la photographie prise par sa fille à la personne assise à côté d'elle durant la soirée. De fil en aiguille, vers la fin de la réunion, les deux clichés de sa fille et sa nièce arrivent sous les yeux de l'orateur. Par voie de conséquence, Arthur Wright en fait tirer des imprimés, les images sont rendues publiques et deux « tirages bruts » présentés pour la conférence annuelle de la société, à Harrogate, quelques mois plus tard alors que vient l'automne. Elles attirent finalement l'attention d'un des plus hauts membres théosophes, le responsable de la la Blavatsky Lodge (ou branche théosophique londonienne), Edward L. Gardner. Nous sommes au début de l'année 1920. Comment Edward L. Gardner lança l'affaire
(à gauche : Edward L. Gardner d'après la photographie du frontispice de l'édition américaine de The Coming of the Fairies, en 1922) Il en reconnaît immédiatement l'importance potentielle pour son mouvement. L'une des croyances centrales de la théosophie réside dans le fait que l'humanité tend, au fil de cycles d'évolution successifs, à approcher la « perfection » :
Edward L. Gardner commence tout naturellement à entretenir une correspondance avec la famille des deux jeunes filles, celles-ci lui paraissent « si innocentes » qu'il demande les négatifs d'origine sur plaque de verre à Arthur Wright, lesquels lui parviennent quelques jours plus tard. Notre hommes est familier des trucages photographiques, les examine attentivement et... n'y décèle aucun signe de supercherie. Par contre, en bon responsable de mouvement religieux, il voit surtout dans les deux photographies une preuve affirmant la véracité des concepts promulgués par la société théosophique (à savoir les manifestations physiques des esprits : en 1920, la vogue des (à droite : Le Masonic Hall. La société théosophique organise des réunions dans des lieux de ce type. Photo de Betty Longbottom, licence C.C 2.0) Comment la première expertise donna raison à Frances et ElsieL'analyse des clichés originaux tarde à venir, puis Edward Gardner envoie les copies des négatifs à Harold Snelling, un expert en photographie qui se dit fort de trente ans d'expérience, et mieux : spécialisé dans les « trucages parapsychiques ». Snelling conclut que « les deux négatifs sont tout à fait authentiques, et les photographies ne sont pas truquées [...] [elles ne présentent] aucune trace de travail en studio impliquant des modèles en carton ou en papier ». Il ne va pas jusqu'à dire que les photographies montrent des fées, indiquant seulement que « ces photographies montrent avant tout ce qui était en face de l'appareil au moment où elles ont été prises ». Par contre, il pense qu'il n'y a eu qu'une seule prise de vue et que toutes les fées ont bougé pendant celle-ci, qui était instantanée. Il effectue des agrandissements et rend un verdict définitif une semaine plus tard, déclarant les photographies authentiques. Gardner est désormais le détenteur d'impressions des photographies « clarifiées » par Snelling, de nouveaux négatifs plus propices à l'impression, et de plaques pour lanterne magique. En effet, le photographe corrige la première plaque, que Frances avait bien trop surexposé. Ce détail n'est révélé que soixante-trois ans plus tard, et c'est la photo retouchée qui devient célèbre. Snelling fournit les tirages photographiques qui sont disponibles à la vente après les conférences que Gardner donne à travers le Royaume-Uni, parfois accompagné des deux filles qu'il fait monter sur l'estrade avec lui. En mai 1920, il se rend au Mortimer Hall de Londres, avec, d'après lui, un grand succès car l'histoire des photographies les rend extrêmement populaires auprès du public auxquelles elles sont présentées. Ce n'est toutefois pas ainsi qu'elles font le tour du monde... pour celà, il faut attendre une semaine plus tard, lorsque Gardner reçoit une lettre de Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes. (Pour la suite... page suivante)
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